Mon père et ma sœur avaient tous les deux êtes impliqués dans des accidents assez sévères qui leurs avaient laissés plusieurs séquelles.
Quand j'ai connu ton frère, il était jeune et sûre de lui, et it s'était fait un devoir de m'enlever cette peur. Dans sa petite Micra rouge avec une porte "hatchback" blanche, il m'avait apporté dans le stationnement de Nicolas-Gatineau un soir, pour me faire conduire, et me faire déraper et reprendre le contrôle. Tout pour me convaincre que la neige n'était pas aussi dangereuse que je le pensais.
C'était un 14 mars, un vendredi comme aujourd'hui. Nous avions eu une vrai bonne de tempête de neige, ton frère était venu me chercher à mon travail. On était revenu lentement mais sûrement vers votre maison, où un beau souper festif en famille nous attendais. Ça ne faisait pas longtemps que je connaissais ton frère, mais vous me traitiez comme de la famille, et je vous aimais tous déjà.
Je me souviens quand vous êtes partis. On s'est assieds dans le salon avec tes parents. Je voulais sortir, mais ton frère ne voulait pas. On écoutait le film des "Beverly Hillbillies", et je me disais dans ma tête que je voulais faire n'importe quoi sauf ça de mon vendredi soir! C'est à ce moment que le téléphone a sonné.
Le genre d'appel où tu sais tout de suite qu'il y a quelque chose de terrible qui arrive, par la réaction de celui qui a répondu. Ou celle, dans ce cas-ci, car c'est ta mère qui a reçue l'appel.
C'était ta sœur, qui lui disait que vous aviez eu un accident. Nous sommes partis de la maison tellement vite que nous sommes arrivés sur les lieux de l'accident en même temps que les ambulanciers. Tu reposais par terre, ils s'efforçaient de te réanimer. Tout le monde était sous le choc. Ils t'ont embarqués et sont partis avec toi dans l'ambulance, les sirènes déchirant le silence de la nuit.
Ton frère et moi sommes allés cherchés une de tes tantes, et ensuite nous sommes dirigés vers l'hôpital. J'avais fait des cours avec l'ambulance st-jean, je savais que le bouche à bouche fonctionnait, je n'avais aucun doute que tu t'en sortirais. Tu m'avais parler de te faire une teinture ce soir là. J'étais entrain de me dire que j'irais t'en acheter une le lendemain, avec une carte. Que je te la ferais la semaine suivante, à ta sortie de l'hôpital. Je ne sais pas pourquoi j'avais décidé dans ma tête que ça prendrait environ une semaine. Tout d'un coup, la chanson "sans t'oublié" de Julie Masse avait commencé à la radio. J'étais fâchée de l'entendre, je ne pouvais pas croire pendant une seconde que tu étais vraiment partie.
C'est quand on a mis les pieds à l'hôpital, que ton père nous a crier du bout du corridor, au comble du désespoir que tu étais morte.
16 ans ont passés depuis. J'en ai encore les larmes aux yeux quand je me rappelle ce moment. La douleur de ton père, si puissante qu'il en vomissait. Ta mère, qui est devenu grise de façon instantanée, totalement dévaster. Ton frère, normalement si fort, réduit à un enfant dans mes bras.
Nous étions partis tellement vite que nous avions tous oubliés nos cigarettes. Je sais que tu me dirais peut-être que c'était une bonne chose, que l'on devrait lâcher de toute façon, mais ce n'était pas le moment pour penser à lâcher disons. 16 ans plus tard, et je ne pars jamais de chez moi sans un paquet plein, par superstition qu'il arrivera quelque chose de terrible et que je serai sans cigarettes.
Je ne sais plus où je veux en venir avec tout ça...
Je voulais simplement souligner cette journée, et te dire que tu m'as marqué, profondément. Par l'adolescente exceptionnelle que tu étais, pleine de talent, de vie, de gentillesse. Ta mort m'a marquée de façon profonde aussi, et en ce vendredi, anniversaire de ton départ, je t'envoie une douce pensée, à toi et à ta famille. Vous êtes à toujours gravés dans mon cœur.
J'ai sauvegardée mon brouillon hier et publiée aujourd'hui, mais pour une raison inconnue, la date de l'article indique le 13.
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